About Dominique Normandin
Les Wild Geese
L’article précédant a évoqué les migrations. Notre groupe de musique porte le doux nom de WildGeese. Le nom de notre groupe, basé à Clermont-Ferrand, est-il le simple fruit du hasard ?
L’Histoire des Migrations Irlandaises : un peuple en mouvement
- Les premières migrations : de l’antiquité au moyen-âge
Issus des Celtes, les Irlandais ont commencé à migrer dès l’antiquité, notamment vers l’Ecosse, le Pays de Galles et la Bretagne. Même sans cette information, vous aviez sans doute remarqué quelques similitudes dans les us de ces régions. Au Moyen Age, des moines irlandais, Saint Colomban, Saint Brendam, ont certainement joué un rôle clé dans la christianisation de l’Europe en fondant des monastères en France, en Allemagne et en Suisse.
- La conquête anglaise et des départs forcés du XIIème au XVIIème siècle.
A partir du XIIème siècle, l’invasion normande puis la colonisation anglaise, ont poussé de nombreux irlandais à quitter leur île. Les plantations (confiscation des terres au profit de colons anglais et écossais), les lois pénales anticatholiques ont accéléré les départs vers l’Europe continentale, notamment vers l’Espagne et la France.
Les Wild Geese : l’exil des soldats irlandais.
- Qui étaient les Wild Geese ?
Le terme Wild Geese (oies sauvages) désigne les soldats catholiques qui, après la défaite de Jacques II (1690, bataille de la Boyne) et le traité de Limerick (1691), ont quitté l’Irlande pour servir dans les armées européennes. Environ 20 000 hommes, officiers et soldats, ont rejoint la France, l’Espagne, l’Autriche et d’autres pays.
Pourquoi avoir choisi la France ?
Il faut se souvenir que la France était en guerre contre l’Angleterre. C’est pourquoi, elle accueillait favorablement ces soldats expérimentés. Louis XIV les a intégrés dans son armée, créant des régiments irlandais. Le plus célèbre est le régiment de Dillon (1690-1791), mais d’autres, comme celui de Berwick (1698 – 1791) ou de Clare (qui a renforcé celui de Berwick en 1775) ont marqué l’histoire militaire française.
Le régiment de Clermont-Ferrand : un héritage irlandais
- Origine et création
En 1743, le régiment de Clare (du nom de son fondateur, Charles O’Brien, comte de Clare), que nous avons déjà mentionné, (écoutez la chanson Clare Dragoons) a été renommé régiment de Clermont-Ferrand après avoir été stationné dans cette ville. Ce régiment, composé majoritairement d’Irlandais, a servi la France pendant plus d’un siècle.
- Rôle et dissolution
Le régiment s’est illustré dans plusieurs batailles pendant les guerres de succession d’Autriche et de sept ans, notamment à Fontenoy (1745) (Chanson Fontenoy).
Comme d’autres régiments étrangers il a été dissous pendant la Révolution Française, mais, notamment à Clermont-Ferrand son héritage perdure dans l’histoire militaire française. Le régiment actuel (92ème régiment d’infanterie – 1791) possède par ailleurs une bibliothèque très intéressante à ce sujet.
L’héritage des Wild Geese et des Irlandais en France
Les Irlandais ont laissé un héritage culturel en France, en particulier dans les villes où leurs régiments étaient stationnés (Lille, Clermont-Ferrand, etc.). En outre, des monuments comme celui des Wild Geese à Limerick, ainsi qu’un certain nombre de cérémonies commémorent leur exil.
Il est certain que leur discipline et leur bravoure continuent à inspirer les armées européennes.
En conclusion, l’histoire des Wild Geese illustre la capacité d’un peuple à transformer l’exil en opportunité. C’est un chapitre méconnu de l’histoire partagée en l’Irlande et la France.
En portant ce nom, notre groupe participe humblement un peu à la transmission de cette mémoire de cette histoire.
Une brève histoire de la musique traditionnelle irlandaise
Wild Geese est un groupe amateur de musique traditionnelle irlandaise. Super ! Mais qu’est-ce que cest que cette musique traditionnelle irlandaise ? Je vous propose une série d’articles pour débroussailler le sujet.
Le premier article trace un bref historique, non exhaustif, de cette musique du XVIIème siècle à nos jours. Les articles suivants évoqueront principalement les danses, chants, les instruments de musique utilisés dans cette musique, mais pas que.
Le vif du sujet.
En Irlande, comme dans tous les pays, la musique est plurielle. Tout le monde connait U2, Chris Rea, Katie Melua et bien d’autres groupes et chanteurs. Mais, en Irlande, peut-être plus qu’ailleurs, pour toute une série de raisons, la musique traditionnelle tient une place importante et reste encore très vivante.
J’ai décidé de façon délibérée de résumer son histoire du XVIIème siècle à nos jours.
XVIIème siècle : origines et transmission orale.
Au XVIIème siècle, la musique traditionnelle irlandaise, ou « trad », naît dans les campagnes, par transmission orale de génération en génération. A cette époque, dans les veillées, les sons des harpes celtiques, des flûtes en bois et des violons dominent et proposent des danses comme les gigs et les réels. Nous reviendrons plus tard sur ces instruments et ces danses.
Ainsi, la harpe celtique, symbole national irlandais, est l’instrument des bardes qui chantent les exploits des clans.
XVIIIème siècle : l’influence des invasions et des migrations
La politique et les aléas climatiques ne sont jamais bien loin et au XVIIIème siècle, les pénuries et les lois antis catholiques poussent les Irlandais à émigrer. Ils partent en emportant leur musique en Amérique et en Europe (Les Wild Geese notamment en France et ici à Clermont-Ferrand). Les uillean pipes (cornemuses irlandaises) et les tin whistles (flûtes en étain) deviennent populaires. Ainsi les mélodies irlandaises vont-elles influencer la musique country américaine via les Appalaches.
XIXème siècle : renaissance culturelle et collectes.
Au XIXème siècle, face à la famine et à l’oppression britannique, la musique et la danse deviennent des symboles de résistance. Des collectionneurs, comme George Petrie, transcrivent des milliers de mélodies pour les sauver de l’oubli (une opération de ce type est menée aujourd’hui en France pour tenter de sauver notre musique traditionnelle). Ce sont plus de 2000 airs traditionnels qui sont publiés dans des recueils comme la bible du musicien trad irlandais : The Complete Collection of Irish Music (1855).
XXème siècle : la modernisation et la scène internationale
Au XXème siècle, notamment entre 1950 et 1960, des groupes comme The Chiefstains et The Dubliners émergent et modernisent le « trad » et le portent sur la scène internationale. Dans les pubs des sessions musicales sont improvisées. En 1951, le festival de musique traditionnelle de Fleadh Cheoil est créé et attire chaque année des milliers de musiciens.
XXIème siècle : entre tradition et innovation.
La musique irlandaise est bien vivante, et on oscille entre tradition et innovation. Au cours du XXIème siècle émerge la « World Music » et la musique traditionnelle irlandaise fusionne avec le jazz et l’électronique (Lúnasa, We Banjo 3 …). Des écoles de musique et des stages de danse se multiplient et assurent la transmission aux jeunes générations. Aujourd’hui, en Irlande, on compte plus de 3000 sessions hebdomadaires de musique traditionnelle dans les pubs.
On peut se demander pourquoi cette musique résonne-t-elle encore de nos jours. Il suffit d’évoquer des mélodies joyeuses ou mélancoliques qui touchent tous les publics, la convivialité des sessions qui créent du lien social, et que, en 2020, cette musique a été classée par l’Unesco comme patrimoine culturel immatériel mondial.
Pour aller plus loin.
Le meilleur moyen pour découvrir l’énergie du « trad » irlandais est encore de venir jouir du spectacle vivant en libérant vos émotions avec nous en concert.
La suite au prochain épisode.
De la musique, des instruments…
La musique de Wild Geese repose sur un ensemble d’instruments qui donnent la couleur aux voyages que nous proposons :
Le groupe en répétition

Les voix, celle de Liam, notre bible historique, et celle de Christelle. Les chants sont un peu l’âme de cette musique :
Liam et son bodhran
Christelle : 
Les flutes :
Rémy

Le violon :
Paul 
Les percussions :
Liam, Fabrice, François
Le banjo :
François 
Claviers et accordéon :
Dominique
